|
En fournissant aux Sakalavas, établis dans l'ouest de l'île, les moyens d'acquérir des armes à feu, le commerce maritime de la traite donna à leur dynastie les moyens nécessaires pour asseoir leur domination sur une grande unité territoriale: l'«empire sakalava» fut une confédération de grandes principautés que scellait la parenté des divers souverains.
Au XVIIe siècle, les souverains sakalavas s'emparèrent de toute la côte ouest et établirent deux royaumes: le Menabé autour de Morondava et le Boina autour de Mahajanga.
Au XVIIIe siècle, ils tenaient le nord et l'ouest de l'île.
Mais à la fin du XVIIIe et surtout au XIXe siècle, ils furent broyés par une autre dynastie, à son tour en pleine expansion, celle des Merinas (ou Imerinas).
Petit État des plateaux centraux de Madagascar, l'Imerina avait été unifié, au début du XVIIIe siècle, par Andriamasinavalona (1675-1710) avant d'être divisé en quatre royaumes.
En 1770, deux de ces royaumes furent réunis. Vers 1785 commença le règne d'Andrianampoinimerina (littéralement: «le seigneur cher au coeur de l'Imerina»).
Jusqu'en 1806, ce souverain s'employa à réunifier l'Imerina puis se lança à la conquête de l'île. À sa mort, en 1810, il aurait laissé ce testament à son fils et successeur, Radama Ier: «La mer sera la limite de ma rizière.»
Radama modernisa l'armée avant d'achever l'oeuvre de son père.
Il s'appuya pour cela sur les Britanniques, qui lui apportèrent leur soutien diplomatique et de judicieux conseils.
À sa mort, en 1828, son épouse Ranavalona Ire lui succéda.
En 1835, craignant que le christianisme vienne ruiner l'ordre politique et social fondé sur le dieu-roi, la reine revint sur la politique de son défunt époux. Sous son règne, Madagascar s'isola et se replia: les missionnaires furent expulsés et les chrétiens persécutés; cette politique isolationniste réussit à contenir les impatiences britannique et française.
En 1861, le pouvoir revint à son fils, Radama II.
Élevé par des Européens, celui-ci ouvrit Madagascar aux influences étrangères.
Mais, partagées entre l'attrait des modèles européens et les exigences nationales, ses actions restèrent vaines et provoquèrent la désaffection populaire puis la déstabilisation des institutions sur lesquelles le pouvoir royal s'était toujours appuyé. Le désordre et la confusion s'installèrent et, en 1863, Radama II fut étranglé sur l'ordre du vieux parti hova.
À partir de cette date, le pouvoir qui revenait à la souveraine, fut en réalité détenu par le Premier ministre, Rainilaiarivony, un Hova, qui épousa successivement trois reines (Rasoherina, veuve et cousine de Radama II, puis sa cousine Ranavalona II, et enfin Ranavalona III) et demeura à la tête du pays pendant plus de trente ans.
Il entreprit des réformes prudentes, réorganisa la justice et l'administration, acheva la constitution de l'État, encouragea la formation d'une élite européanisée et abolit l'esclavage. Face aux agressions françaises (1883 et 1894-1895), Rainilaiarivony n'obtint pas des Britanniques le soutien qu'il sollicita.
En effet, par un traité signé en 1890 avec le Royaume-Uni, la France avait abandonné ses prétentions sur Zanzibar en échange de la reconnaissance de ses droits sur Madagascar.
En 1885, sur le navire amiral d'un corps expéditionnaire français ancré en rade de Tamatave (aujourd'hui Toamasina), Rainilaiarivony fut donc contraint de signer avec la France un traité ambigu : les Merinas pensaient qu'il s'agissait d'un simple accord d'amitié mais les Français considérèrent qu'il s'agissait d'un traité de protectorat; l'état de guerre fut notifié et, en 1895, le général Duchesne fut chargé d'imposer l'autorité française.
Un corps expéditionnaire de 15 000 hommes prit Antananarivo, la capitale merina, et obligea Rainilaiarivony à reconnaître son autorité, avant d'être déporté à Alger. L'insurrection populaire des Menalambos (littéralement: «toges rouges») éclata la même année.
Date de création : 08/06/2004 @ 12:46
Dernière modification : 08/06/2004 @ 12:46
Catégorie : Histoire
Page lue 3064 fois
Prévisualiser la page
Imprimer la page
|